mardi 16 mars 2010

Because of Serbia ...



Chers amies, amis, lecteurs, lectrices, coqs et ânes...

me pardonnerez-vous, séparatistes, ce titre en anglais ? Sûrement non. Fâcheuse tendance à trouvé l'anglais plus « punché », ou parce que le titre de ce premier billet flottait dans ma tête sous cette forme ? Je n'en sais rien. Mais bref, il me sert de prétexte et d'introduction aux buts encore un peu flou de ce blog.

Voilà, déjà 6, 7 mois même, de mon bref passage en Serbie. Toujours des images, mais surtout des idées dans la tête. J'ai croisé là-bas, des gens, un peuple fier, des langues de paroles dur comme le fer, j'ai bu là-bas, des cafés à saveur de miel, et des bières à saveur de guerre, mais peu importe, le contexte, le lieu, les rencontres, toujours le même constat : La diversité des langues parlées et la mixité des cultures. Et l'anglais (ce n'est pas nouveau) comme langue de communication, pour les « foreigners » dans mon genre (bref souvenir d'une chanson de Robert Charlevois).

« Dans la maison où on habite, une femme arrive des États-Unis, elle est prof d'espagnol et à passé la moitié de son école primaire en hébreu. Il y a la russe, petite princesse, avec son anglais parfait au fort accent « british », qui baragouine un début d'espagnol avec l'américaine, l'adolescent de Madrid et le gars de Barcelone, qui a adopté le catalan en mariant la Catalogne elle-même. Il y a deux italiens, les plus drôles, qui parlent parfaitement l'allemand en vacances, pour ne pas se faire démasquer... en tant qu'italiens! Puis il y a un américain, sorti de nulle part, un espèce sûrement rare, que tous soupçonnent d'être un espion de la CIA, parlant le letton, le français des colons belges du Burundi, après le russe de Tchekhov, l'allemand, et peut-être même plusieurs autres langues dont je n'ai pas captés les noms. Voici le portrait de mon auberge espagnol (référence au film et au concept lui-même) de mon court périple dans la Serbie profonde. »

« Je me rappelle, d'il y a trois jours, dans un train vers Budapest (je ne suis à ce moment-là encore, qu'une vulgaire touriste en quête de dépaysement paysager). L'aéroport de Belgrade avait perdu mon sac et j'espérais retrouver ma vieille amie Cléo dans un camping « paumé » du centre de Budapest. J'attendais que le train de nuit démarre. Puis la parade des polyglottes a commencé. Un homme s'est assis en face de moi. Un vieux monsieur qui m'a parlé en français dès le premier coup d'oeil.

- Française ?
- Non, canadienne.

Il a fait un étrange signe de remerciement à dieu (d minuscule parce que pas trop sur de ma position sur le sujet !) puis il a enchaîné :

- Je suis poète et macédonien. J'ai été au Canada, j'ai participé au festival de poésie de Trois-Rivière.

Mais voyez-vous ça, la ville où je suis né. Les coïncidences, dis-donc...

Une femme est entrée dans le train, avec un joli sourire. Anastasia, fille d'un père serbe et d'une mère hongroise, héritière des deux langues. Un jeune homme s'est joint au compartiment, un tchèque, étudiant à Belgrade, rendant visite à quelques ami(e)s (je déteste mettre ce « e » féminin entre parenthèse!) dans la ville hongroise.

Et voilà, c'était parti pour la ballade du poète macédonien, qui évidemment, parlait toutes les langues de cette parade de polyglottes. Il s'est mis à draguer en hongrois, à parler politique en serbe et à faire des rimes en français.»


Après ces galères, je suis revenue au Québec, dans mon Montréal d'accueil. « Zaper » à la télé, me faire ciller les oreilles pour la protection du français, idéal auquel je tenais tant jadis ! Où me situer, après tout cela, quand j'étais frustré, au retour, de ne pas avoir appris, comme les autres copains européens, d'autres langues à l'école. J'étais « atrophié » d'une demi langue (si on reprend les arguments de Georges Dor, en ce qui s'agit de la langue québécoise) et je parlais un anglais de béquille...

Disons, que les questions et les réflexions se sont transformées en quelques monstres beaucoup plus complexes, sur la question de la langue. Bienvenue, donc, sur ce blogue, qui essaiera, tant bien que mal, de démêler l'affaire, le coq à l'âne des questions sur la culture, la langue,
l'[H]istoire...

Fin abrupte.

Émilie

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